Série réalisée en 1993 à Carmaux, Tarn (France). Les derniers mineurs de fond de ce bassin houiller posent chez eux en compagnie de leur épouse. Au sein de ce décor quotidien familier, seul le choix du cadre et des moments retenus incombe au photographe. Il ne déplace pas les objets, guide le moins possible le maintien des modèles, n'évoque aucune action. L'attitude des sujets dépend de leur culture et de l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes. De ces portraits de couples émanent des visages de conjoints unis jusqu’à la ressemblance physique. L'un à côté de l'autre, chacun se révèle face à l’objectif, témoin d’une pose créée pour la photographie.
Série réalisée en 1995 et 1996, en Bretagne & Midi-Pyrénées (France). Suite logique du chemin accompli auprès des couples de mineurs, la question de la ressemblance conduit sur la route de la gémellité. Venus au monde ensemble et semblables, les jumeaux grandissent dans un même milieu. A l'inverse des couples soudés par le temps conjugal, les identiques sont séparés par le temps existentiel. Ici, chaque individu est photographié chez lui sur rendez-vous, puis présenté auprès de son double dans un diptyque. Les fratries qui vivent ensemble sont réunies sur une même image. Au-delà des distinctions et des détails inversés, de saisissantes similitudes impressionnent la pellicule.
Série réalisée en 1997 et 1998, à Toulouse, Haute-Garonne (France). La thématique du double s'étoffe pour aller à la rencontre du temps et souligner l’importance du moment photographié. Le chantier de construction du Théâtre National de Toulouse donne l'occasion de poser les bases d'une problématique "Avant/Après". Dans le cadre de ce processus, une photographie est prise au matin, tandis que le sujet s’apprête à travailler. La seconde est enregistrée en fin de journée, avant que l'ouvrier ne quitte son poste. Indissociables par nature, les deux instantanés sont présentés en miroir pour refléter les stigmates du labeur d'un jour.
Série réalisée de 1999 à 2003, en Midi-Pyrénées & Aquitaine (France). En prolongement de l'articulation Avant/Après ("Les Hommes du Chantier"), la quête de la dualité mène à saisir les facettes contextualisées d'une même réalité. Chaque individu est présenté dans deux environnements distincts, objets d'un nouveau diptyque thématique. Le premier portrait est saisi dans le milieu professionnel, le second est mis en scène dans un cadre choisi par le modèle. Une vingtaine de représentants de catégories sociales diverses (pilote d'avion, artisan, président du directoire, avocat, ouvrier, professeur, femme de ménage, apprenti, artiste...) se prêtent à ce double jeu.
Série réalisée en 2003, dans le Lot-et-Garonne (France). Cause et conséquence de la série précédente, les élus locaux jouent à leur tour au "Double je". Dans cette optique, une vingtaine de maires pose dans deux situations différentes. Le premier portrait est une image officielle réalisée à l'Hôtel de Ville. Le deuxième a pour toile de fond un environnement professionnel ou personnel, élu par l’élu.
Installation réalisée en 2004 à Albi, Tarn (France). L'attention portée à la singularité se conjugue à un intérêt pour l'identité qui est toujours affaire de construction sociale. Autour du thème de l'appartenance au groupe, cette pièce se compose de huit images figurant huit catégories socioprofessionnelles (sportifs, infirmières, pompiers, ouvriers, gardiens de musée, hôtesses d’accueil et musiciens). Chacune de ces images associe verticalement cinq portraits d'individus d'un même ensemble, photographiés dans de mêmes conditions. Soustrait de son contexte et présenté sur fond neutre, chaque modèle s'affiche dans son uniforme, seul trait d'union au groupe auquel il appartient.
Diptyque réalisé en 2005 à l'initiative de la ville d’Amilly, Loiret (France). Achat d'œuvre, tirage argentique, 150 x 400 cm l'ensemble. De l'identité individuelle à la mémoire collective, il n'y a qu'un pas. Trente témoins directs de l’évolution d'une ville au cours du dernier demi-siècle constituent ce diptyque dont chaque élément (masculin / féminin) se compose de quinze photos. Garants involontaires des annales d'une terre agricole ingrate, ces personnages désuets incarnent le passé disparu, façonné d'autant de vies minuscules. L'émouvant décalage de leurs mises évoque un territoire toujours en lisière de la prospérité, où poussent désormais des zones magasinières dénuées d'âme et de souvenir.